La trilogie vidéo de James Vincent McMorrow

C’est le genre de chose qui peut arriver quand on donne carte blanche à quelqu’un : il y a un an, alors que James Vincent McMorrow sortait son album Post Tropical, il annonçait que les clips seraient réalisés par l’Irlandaise Aoife McArdle et qu’il s’agirait d’une trilogie.

C’est fait.

En décembre 2013, il expliquait leur rencontre.

“J’ai découvert son travail avec une vidéo qui était sans doute ma préférée de l’année : Open Eye Signal de Jon Hopkins. Elle a réussi à saisir quelque chose que je vois rarement dans les clips, à la fois la simplicité et la narration. Et en plus esthétiquement, c‘est incroyable. Je l’ai contactée immédiatement, (…) et elle est revenue vers moi avec cette lecture. Ce sont ses réactions à la chanson.”

Première partie : Cavalier, octobre 2013

Un jeune homme, à peine majeur, est seul dans un club des Etats-Unis. Il embrasse tour à tour des danseuses pour mieux les repousser. Il passe de l’une à l’autre, comme à la recherche d’un sentiment de puissance, et de moins de solitude. Il boit, provoque, vacille vers les toilettes avant de revenir vers la piste. Il frappe et s’abîme comme si ses sens avaient été anesthésiés. Puis fuit violemment.

Deuxième partie : Red Dust, décembre 2013

Il doit être midi. Une jeune fille rentre chez elle. Son corps est maigre, tatoué, habillé à la hâte. Le regard est dur et cerné. Elle s’approche d’un garçon, dont les traits sont les mêmes que l’adolescent de la première partie, Cavalier. Ils ne sont plus capables de se parler, et s’agrippent violemment dès qu’ils s’aperçoivent. Bientôt, la jeune fille s’échappe dans sa chambre et se met à boire à même le goulot d’une bouteille d’alcool, insensible. Une manière de se donner le courage d’enfiler les habits d’un homme parti, peut-être le père de la famille. Elle finit par se raser les cheveux face au miroir – une sorte d’accomplissement douloureux.

Troisième et dernière partie : Glacier, janvier 2015

Une femme marche au petit matin sur une route poussiéreuse du sud des Etats-Unis. Sa démarche est maladroite – nuit blanche oblige. Elle a voulu être jolie, elle a voulu séduire : maquillage qui souligne ses rides et sa fatigue, boucles d’oreille, legging rouge en lycra. Ce dernier clip, c’est l’histoire d’une libération, et c’est peut-être là que se trouve l’espoir que ne réussissait pas à voir James Vincent McMorrow. Sentir à nouveau ce corps qui n’était plus qu’un bout de viande, le secouer, retirer ces talons qui le déséquilibrent plutôt qu’ils ne l’élèvent. Elle retourne dans la caravane, reprend son rôle de mère et prépare le petit déjeuner. Comme si de rien n’était.

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